Didier Bourotte

Je vous présente ce mois-ci un artiste complet, qui se sert de son style autant pour graver un poème sur le papier... que pour travailler le métal! Didier Bourotte pratique en effet l'art connu de peu de personnes du métal repoussé. Des personnes viennent de tous les horizons lui demander conseil ou prendre un cours...

 

 Didier Bourotte se décrit comme un "épicurien amateur de cuisine", adorant préparer des plats derrière les fourneaux! A l'image de Goethe, il est également passionné de pierres fines, de minéralogie, mais aussi d'orfèvrerie.



Fasciné par l'archéologie, en particulier par les civilisations grecque et égyptienne, il s'intéresse à la "parapsychologie" depuis son enfance, sur les traces de son cher vieux grand-père, qui était peintre surréaliste! L'art se cultive en effet en famille, puisque son père est peintre copiste, faisant des reproductions de Rembrandt, Raphaël, Renoir, Manet, etc.



Didier, enfin, dit avoir eu le plaisir de faire presque deux fois le tour du monde et être en contact permanent avec les cinq continents par son métier, puisqu'il est en charge des stafiaires étrangers qui suivent des formations techniques dans sa société.



Ami inconditionnel du musée du Louvre, toutes ces passions font de lui, dit-il, "un caractère joyeux qui s'émerveille de tout"! D'ailleurs, Didier Bourotte ne peut pas comprendre que l'on s'ennuie et le "virtuel mal géré" proposé par les nouvelles technologies lui portent parfois un peu sur les nerfs!



Je vous laisse découvrir ci-dessous quelques unes de ses oeuvres en métal repoussé et deux de ses poèmes: un sonnet sur le Titanic, dont on vient de fêter le centenaire du naufrage, et un poème qui a reçu la médaille Victor Hugo du CPCF ainsi qu'une médaille de la ville de Paris.





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  La nuit  du  Titanic  

                         (ou  Rencontre)

 

 

 

         Il s’était élancé sur le flot de pastel,

         Merveilleux comme un rêve abolissant l’espace,

         Mêlant les violons du sémillant Wallace

         Aux ballets incessants de ses maîtres d’hôtel

 

         Sur ton cœur aussi noir qu’une pierre d’autel

         Nuit fatale et gelée où l’histoire s’efface…

         Le navire d’acier et le vaisseau de glace

         Allaient s’unir sans bruit, dans un baiser mortel

 

         De l’océan vainqueur monte comme une plainte…

         Le flot inexorable en une longue étreinte

          Elève jusqu’au ciel la forme du géant…

                                       

         Et dans un soubressaut, tel un regard ultime

         Eclairant de ses feux les marches du néant,

         La ville de lumière a glissé dans l’abîme.

        

 











        Le Rêve d’ argile 

         (...de Dieu ou de l’homme, lequel des deux est le rêve de l’autre ?...)    

 

 

 

                  Lorsque Dieu fatigué d’enfanter l’univers

                  Façonna de ses mains quelques rêves d’argile,

                  Il trompa son espoir et de l’être pervers

                  Rejeta le berceau maléfique et fragile

 

                  Il roula jusqu’au bord du monde virginal,

                  Et de l’œil embrasé de la force divine

                  Un esprit s’échappa...magnifique et vénal,

                  Et l’aube avait perdu son âme cristalline...

 

                  Cet esprit c’était l’homme et l’homme était banni,

                  Car cet ange déchu du souffle de son aile,

                   Promenait en tout lieu par l’espace fini,

                   Le lambeau flamboyant de la Face Eternelle...

 

                  Souriant aux lueurs d’un avenir qui ment,

                  L’étrange créature érode son arène,

                  Et bornant l’insondable à son entendement,

                  Dépose sur l’autel la raison souveraine

 

                  Mais Dieu dont le baiser forme un puissant nectar,

                  Aux courbes de son cœur a fait une embrasure

                  D’où la muse s’envole et porte son regard,

                  Du plus petit des points jusqu’à la démesure

                                                                          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                   Et si l’homme voulait, sur l’horizon de miel,

                   Vers le dôme apaisant que son âme prolonge,

                   Retourner sa lunette et traverser le ciel

                   Qui cache à son esprit ce que livre le songe,

 

                   Ce triste raisonneur, ce prince terrassé,

                   Ce vieil adolescent dont le verre scintille

                   Heurterait dans la nuit son front et son passé,

                   A la courbe d’azur d’une immense lentille...

 

                   Sublimé par le Feu dont il est l’encensoir

                   Un éclair aveuglant brûlerait ses longs voiles,

                   Et sa tête blessée, Ô promesse du soir,

                   Verserait sur l’aurore un doux fleuve d’étoiles

 

                   Mais lorsque le temps meurt sur son visage pur

                   S’incline en souriant la blanche Filandière,

                   Et l’étrange baiser de ses lèvres d’azur

                   Eclaire son esprit et ferme sa  paupière

 

                   Aux portes du soleil, il se couche et s’endort...

                   Mais l’antique rameau de la divine sève

                   Se brise dans un homme et renaît de la mort,

                   Sur le seuil de son âme, à l’ombre de son rêve.

 

 

                                                           Didier Bourotte

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